La maison web : charpente et peinture

Vendredi et samedi se tenait le WIF Belgium, la manche belge du Webdesign International Festival, organisée par l’agence web namuroise Dogstudio. Durant deux jours, on pouvait assister gratuitement à une série de conférences et ateliers. Mais surtout, durant la Webjam, des équipes belges s’affrontaient pendant 24 heures pour créer un site web. L’épreuve consistait à imaginer le nouveau portail belgium.be. Les vainqueurs gagnent un voyage à Limoges pour la finale. On ne fera pas de blague sur Limoges, c’est pas si pire.

Après quelques abandons pour des causes diverses (fatigue, bière, jeux en réseau), cinq prix ont été attribués. Le prix du jury revient à l’équipe Lost Boys, qui propose de reconstruire la Belgique avec beaucoup d’humour. Le prix des étudiants revient à l’équipe Leser de l’HEAJ, qui démontre de belles qualités techniques. Le deuxième prix revient à l’équipe EPIC, pour leur idée d’application iPhone en réalité augmentée qui, si elle suit la tendance, est très bien réalisée. Enfin, le premier prix revient à l’équipe Pfaff Staff pour leur interprétation très drôle et décalée du sujet, puisqu’ils vous proposent de vous offrir un belge à vos mesures (la livraison en 24 heures est possible). La qualité graphique est remarquable et fourmille de bonnes idées.

Bigger Than Pixels

On soulignera la performance des copains de Bigger Than Pixels (@gregone@exibit et @mychacra ici en photo1). Vous pouvez suivre leurs aventures sur leur tumblr. Ils ont interprété le sujet de manière beaucoup plus classique, mais aussi beaucoup plus intéressante, à mon avis. En effet, un tweet de Roald Sieberath, serial entrepreneur belge bien connu, m’a inspiré la rédaction de ce billet :

Web in Belgium: les charpentiers à Bruxelles (#fosdem) et les décorateurs à Namur (#wifbelgium).

Si le parallèle entre le FOSDEM, le forum international des geeks purs et durs, et le WIF est amusant, l’analogie avec la construction est limitée. Une maison, ce n’est pas qu’une charpente et de la peinture. Je ne voudrais pas faire mon chieur (juste un peu) et je félicite sincèrement tous les candidats et les lauréats pour leur superbe travail et Dogstudio pour l’organisation. On remarquera quand même que les lauréats du WIF, s’ils ont réalisé avec talent de très belles décorations, n’ont pas jugé utile de s’intéresser au plan de la maison, à l’inverse de Bigger Than Pixels (par exemple). Il me semblait que le design, c’était la forme et la fonction.

P.S. : la liste des participants et leurs projets sont par là, jetez-y un coup d’œil. :-)

  1. Photo de paperjam / CC BY 2.0 []

Lettre à Brecht

J’ai reçu tout récemment un courrier rébarbatif, pour ne pas dire comminatoire, de la part de Brecht. Dans ce courrier, il précise :

La nature de vos activités nous fait supposer que vous mettez régulièrement des phonogrammes à la disposition du public moyennant la technique connue sous la dénomination ‘podcasting’.

En annexe vous trouverez les tarifs qui couvrent l’usage de ces phonogrammes. Si vous envisagez de commencer à offrir des phonogrammes par podcasting, vous serez à même de bénéficier d’une ristourne de départ de 30% sur les tarifs normaux pour la première année d’exploitation. Pour les deuxième et troisième années, les ristournes s’élèvent à 15% et 5% respectivement.

J’ai omis de vous dire que Brecht n’est pas un ami. Il travaille pour une sorte d’organisation chargée de rançonner collecter de l’argent au nom des ayant-droits de l’industrie musicale. Comme il est apparemment très généreux (30% !), je me suis cru dans l’obligation de lui répondre :

Bonjour Monsieur,

Je suis l’animateur et producteur de l’émission radiophonique Homosphère diffusée sur RUN (107.1MHz à Namur), radio culturelle et d’expression. Le but de Homosphère est d’aborder des sujets liés à l’homosexualité et plus largement aux questions de genres, avec dès que possible un ton décalé. Dans ce cadre, je mets à disposition les enregistrements de certaines émissions sur le site de l’émission. Ces enregistrements ont été montés afin de supprimer les passages musicaux diffusés à l’antenne. Par conséquent, seules les voix des autres chroniqueurs de l’émission, des invités et la mienne subsistent sur ces enregistrements. En tant que producteur de l’émission, j’en suis donc également l’ayant-droit exclusif.

En conséquence, d’après vos tarifs, en prenant l’hypothèse d’une centaine de téléchargements par émission et sachant qu’il y a plus de 50 épisodes disponibles, je considère que c’est vous qui me devez, cher Monsieur, la somme de 50€. Je vous prie d’effectuer le règlement de cette somme dès réception de la facture que je ne manquerai pas de vous faire parvenir.

Très cordialement,

G., animateur et producteur de l’émission Homosphère.

Je suis donc resté très poli.

Manger des insectes, la revanche de l'Homme sur l'asticot

Je ne connaissais pas Pecha-Kucha. Le principe est simple : 20 slides, 20 secondes par slide. Pas une de plus. On y parle de créativité, de design, d’architecture, d’art, de la société et de ce qui l’agite. Le mot signifie « blabla » en japonais. À l’occasion du Brunch Pecha-Kucha dimanche dernier, j’ai pu écouter, entre autres : les futurs projets de la TAG présentés par Christophe et le projet Humours du monde, un bel hommage poétique à Saint-Josse par Paul Hermant, et les chansons anars et drôles de Gaëtano.

Mais j’ai aussi eu l’occasion de déguster des insectes. Oui, des insectes. Vivants ou frits. Je vous présente d’ailleurs Marcel, avec lequel j’ai un peu sympathisé. Il n’a pas beaucoup de conversation, Marcel. J’ai finalement préféré le manger. Il vaut mieux ne pas trop sympathiser avec la nourriture.

Quels sont les avantages de manger des insectes, me direz-vous ? D’abord, c’est très riche en protéines, bien plus que la viande. Ensuite, ça goûte la noix, la noisette, la châtaigne, le marron, que des bonnes choses. Enfin, considérant que des milliards de frères humains luttent au corps-à-corps tous les jours contre la vermine et que le destin de notre enveloppe charnelle est d’être à son tour dévoré par des insectes, j’avais un peu l’impression d’être l’exécutant de la Justice cosmique. Ce fut donc une très agréable expérience.

Prends ça dans ta gueule, Marcel.

Namur soutient le Belvédère

Je vous avais parlé du Belvédère l’année dernière. C’est une salle de concert unique à Namur et dans la région qui remporte un beau succès avec une programmation très diverse, qui reflète les musiques actuelles. Malheureusement, la région wallonne a décidé de ne pas renouveler sa subvention à l’association Panama qui gère le lieu. Même si les choix budgétaires sont parfois difficiles en ces temps de crise, je regrette que la région (au travers de son ministre André Antoine) ne mise pas sur des projets gagnants.

Bonne nouvelle, néanmoins : la Ville de Namur vient de décider d’accorder un subside exceptionnel de 10 000 € à l’association pour 2010. C’est encore insuffisant pour financer les trois permanents mais c’est un signe de confiance que l’échevine de la culture Anne De Gand et le collège communal adresse à l’association. Il reste à frapper aux portes des (nombreux) autres niveaux de pouvoir pour essayer de sauver tout le travail accompli.

Le communiqué du cabinet De Gand

Suite à la décision du Ministre de l’Emploi, Monsieur André ANTOINE, de ne pas renouveler les points APE de l’asbl Panama – « le Belvédère » -, malgré son succès incontestable, le Collège, sur proposition de l’Echevine de la Culture Anne DE GAND, proposera au Conseil d’allouer un subside exceptionnel de 10.000 € en 2010 sur ses budgets culturels, et ce en plus des 3.000 € déjà octroyés en 2009.

Depuis son lancement en novembre 2007, Le Belvédère est soutenu activement par la Ville de Namur. Celle-ci a mis gratuitement le lieu à disposition et a entrepris divers travaux d’amélioration du bâtiment (nouvelle chaudière au gaz, étanchéisation du toit, …). Très rapidement, Le Belvédère est devenu le temple namurois des musiques actuelles et l’un des moteurs les plus dynamiques de la vie culturelle namuroise. Son rayonnement s’étend dans toute la Communauté française, voire en Belgique. Le travail de cette équipe passionnée est fructueux : sur deux ans, plus de 400 événements, plus de 200 artistes programmés et des milliers de visiteurs et de fidèles confirmés.

Le Collège communal soutient Le Belvédère et souhaite voir vivre avec toujours autant d’intensité cette unique salle de concerts permanente à Namur. La Ville de Namur espère vivement que le Ministre ANTOINE puisse rapidement trouver une solution qui pérennise l’institution.

Panique au Belvédère

Le ministre André Antoine (son blog) vient de supprimer une subvention à l’association Panama qui organisait au Belvédère, sur la citadelle de Namur, de nombreux événements musicaux. J’y ai passé, comme beaucoup d’habitants de la région, de très bonnes soirées. Le Belvédère propose une programmation éclectique, décalée, intéressante et très vivante. Deux cents artistes s’y sont produits chaque année depuis deux ans. Tout ce travail est mis en péril par cette décision.

Interview de Ben Hageman

Reportage de Moodio.TV sur le Belvédère.

Vous pouvez vous tenir informé en rejoignant le groupe Facebook du Belvédère, en les suivant sur twitter, ou en signant la pétition de soutien.

Moodio.TV - Ceci n'est pas une web tv

J’ai assisté à la présentation de Moodio.TV le 7 décembre dernier. Comme prévu, le site a le goût et l’odeur d’une web tv comme il en existe tant. Je craignais donc que l’intérêt soit assez limité. Il n’y a en effet pas beaucoup d’expériences de ce genre qui soient concluantes, tant le format du web est différent des médias broadcast traditionnels. Et pourtant, je me trompais.

Il faut d’abord souligner la qualité des deux rédactions qui réalisent les reportages. Je pense que c’est au niveau des meilleures émissions musicales. Mais ce que Moodio.TV propose, en fait, c’est une plateforme de promotion des artistes et des labels à travers les médias sociaux. C’est une solution intégrée pour se connecter avec les fans, pour profiter de la viralité, étendre son réseau et… vendre sa musique. Je vous conseille la lecture du billet très complet de Yann sur Moodio, dont je partage un peu les craintes en ce qui concerne le business model.

Les médias ont semble-t-il bien apprécié la présentation. Je souhaite beaucoup de succès à Moodio.

Lancement de Moodio.tv, une WebTV musicale

Comme je suis un blogueur trop influent (de sa race), j’ai été invité à l‘événement spécial blogueurs de Moodio.TV, une nouvelle WebTV belge sur l’actualité musicale.

MOODIO.TV, la WebTV musicale belge !

Même si je trouve l’idée très sympathique, je suis curieux de découvrir leur business plan. Je ne manquerai pas de vous donner mes impressions.

Android Party. Reviens !

Mercredi dernier avait lieu l’Android Party #3 dans le tout jeune Café numérique, qui justifiait déjà son importance et son utilité. L’événement était rehaussé par la présence d’un invité de marque en la personne morale de Belgacom. Le magnifique mock-up de leur future application Android ayant été fait avec des captures d’écran d’iPhone, j’étais déjà d’humeur particulièrement guillerette. Quand ce tweet a fini par défiler derrière l’un des marketing droid de Belgacom durant sa présentation, j’ai beaucoup ri. Vous pouvez retrouver la présentation d’Édouard sur Android sur le site du Café numérique mais je laisse à Yann le soin de vous raconter la suite de la soirée et le débat à fleurets mouchetés qui suivit.

« eMich s'adressant au peuple », pixel sur iPhone, style pompier

« eMich s'adressant au peuple », pixels sur iPhone, style pompier

Heureusement, c’est nimbé de lumière que Michaël – le deuxième blogueur belge le plus influent – nous a parlé du développement d’applications Android. Sa présentation était très convaincante. Il nous a montré une petite application développée en une soirée (avec sans doute du café et une loveuse compréhensive). Vous pouvez constater dans son dernier article qu’il n’a pas chômé puisque l’application Villo présentée ce soir là a donné naissance à VilloHelper, une carte Google personnalisée avec les emplacements et les places disponibles.

Si les mots programmation orientée objets et model-view-controller ne vous disent rien, il y a fort à parier que vous ne terminerez pas ce paragraphe. En gros, l’environnement de développement de Google pour Android ressemble beaucoup à l’environnement d’Apple pour iPhone. Il est cependant basé sur la plateforme ouverte Eclipse et la plupart du code est constituée de Java et de XML. Le SDK Android dispose aussi d’un émulateur, de possibilités de remote debugging et de tout un tas de bibliothèques permettant d’accéder aux fonctionnalités des téléphones et de l’OS. Le gros avantage par rapport à l’iPhone, c’est qu’en utilisant Java et Eclipse, le SDK permet de réutiliser beaucoup de code et de savoir-faire. C’est clairement un bon moyen de faire baisser le coût d’entrée dans le monde du développement d’applications embarquées, sport qui n’était naguère pratiqué que par des happy few.

Le plan Marshall pour la Wallonie, version 2.vert

Sa structure vient d’être annoncée par le gouvernement wallon. Son nom extrêmement tarte donne envie de remplir le réservoir de sa Jeep Willys de graisse de panda liquéfiée et de se chausser avec des bébés phoques. Il ambitionne de relancer l’économie de la région wallonne et d’orienter son développement vers l’écologie. Mais quelles vont être les applications de ce programme ? Je vais en donner une illustration en vous parlant un peu de mon travail.

Jeep 1942

Mon boulot consiste entre autres à chercher des sources de financement pour de nouveaux projets de recherche. Dans cet objectif, je scrute les appels à projets des financeurs (presque exclusivement publics) comme les programmes de la Commission européenne ou bien ceux de la Région wallonne. Un nouvel appel vient d’être lancé dans le cadre de ce plan Marshall qui s’appelle Wist3 et qui a pour thème « les technologies de l’information au service de l’économie wallonne et du développement durable. » Tout un programme.

Je vous résume brièvement les caractéristiques attendues des projets :

  • Il s’agit exclusivement de recherche appliquée. En gros, la région finance une part de la recherche & développement des entreprises. De ce fait, la faisabilité et la rentabilité des projets devra être motivée. Ce n’est pas un problème pour moi qui travaille dans l’ingénierie logicielle. Nous recherchons tous les jours des partenaires industriels pour tester nos idées ou les aider à améliorer leur technique. Dans mon domaine, le transfert technologique est non seulement souhaitable mais recherché. Malheureusement il n’y aura pas un sou pour la recherche fondamentale. Les innovations les plus radicales et donc potentiellement les plus rentables ne viendront pas de ce programme.
  • Le focus est mis sur le développement durable. C’est un souci légitime et je suis convaincu que l’écologie n’est pas incompatible avec le développement économique. Néanmoins, on risque aussi de perdre beaucoup d’énergie à essayer de tout repeindre en vert, au détriment parfois de la qualité des projets. Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, le problème du développement durable est au mieux un détail, au pire une appeau à gogos.
  • L’informatique n’est qu’un support pour la compétitivité des entreprises des secteurs traditionnels. C’est probablement l’aspect le plus choquant. Visiblement, certains ne peuvent concevoir l’informatique comme un nouveau secteur industriel (qui lui se porte très bien, merci) mais simplement comme la petite dactylo des ateliers de mécanique ou des centres de logistique. C’est dommage, l’économie du numérique en est encore au far west. Les nouveaux services à forte valeur ajoutée restent à inventer. Ce n’est pas cet appel qui y contribuera.

Hacker vaillant

Un certain Vendetta menace en ce moment l’opérateur historique Belgacom de divulguer les mots de passe de ses clients tant que celui-ci ne mettra pas fin aux quotas de téléchargement qui ont encore cours ici. Après avoir fourni une première liste de mots de passe la semaine dernière, il récidive et maintient la pression.

Bien sûr, je suis contre le chantage contre une honnête et innocente entreprise monopolistique. Je m’insurge contre ce monsieur Vendetta qui ne fait rien que souligner l’hypocrisie du gouvernement dès qu’on parle de la vache à lait Belgacom. Bien sûr, cette histoire ne m’amuse pas. Mais alors pas du tout, hein !

down with quotas - anonymous